À Casablanca, la 3e édition du Salon international Logiterre 2026 a placé les transports et la logistique au centre du développement africain. Le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, y a défendu une Afrique qui construit ses propres corridors, « par les Africains et pour les Africains ».

Le salon s’est ouvert sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI. Ministres, institutions financières, opérateurs privés et experts du continent s’y retrouvent autour d’une même question : comment faire circuler plus vite, moins cher et plus sûrement les marchandises et les personnes en Afrique.

Une vision partagée au plus haut niveau

L’ouverture du salon a fixé le cap : sans une transformation profonde de ses réseaux de transport, l’Afrique ne pourra pas faire vivre la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le ministre marocain du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a rappelé la vision royale fondée sur la solidarité Sud-Sud. Il a notamment cité l’initiative qui doit ouvrir aux pays enclavés du Sahel un accès à l’océan Atlantique.

La délégation camerounaise s’inscrit dans cette dynamique. Sa présence à Casablanca affirme la place du Cameroun comme pivot logistique naturel de l’Afrique centrale.

Le plaidoyer de Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè

Très remarqué pendant les assises, le ministre camerounais des Transports a porté la voix d’une Afrique pragmatique, maîtresse de ses infrastructures. Il a appelé à un partenariat interafricain solide, fondé sur le transfert de technologies et le partage d’expertises, pour bâtir des solutions d’interconnexion « par les Africains et pour les Africains ».

Pour lui, renforcer les chaînes logistiques entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le nord du continent n’est plus une option. C’est une priorité opérationnelle, avec trois objectifs :

  • fluidifier les corridors de transport transfrontaliers ;
  • réduire les coûts de passage portuaire et de transit routier ;
  • sécuriser les flux de marchandises et la mobilité des personnes.

Le ministre a aussi réaffirmé le rôle moteur du Cameroun dans les grands projets d’interconnexion : développement des ports de Kribi et de Douala, modernisation des réseaux ferroviaire et routier. Il a enfin plaidé pour une harmonisation des normes réglementaires à l’échelle du continent.

Lever les verrous : le diagnostic de l’UAOTL

Ces positions rejoignent le constat de Mustapha Chaoune, président de l’Union africaine des organisations du transport et de la logistique (UAOTL). Le secteur des transports ne pèse encore qu’environ 2,5 % du PIB des pays africains.

Logiterre 2026 veut servir de catalyseur pour lever les freins qui pèsent sur la compétitivité du continent. Les débats entre ministres et experts visent les blocages administratifs, financiers et techniques.

Un carrefour d’opportunités pour le Cameroun et le Maroc

Plateforme de dialogue de haut niveau, Logiterre 2026 réunit à Casablanca ministres, institutions financières, opérateurs économiques privés et experts des technologies.

En marge des séances plénières, la présence du ministre Ngallè Bibéhè ouvre aussi la voie à une coopération bilatérale renforcée entre le Cameroun et le Maroc. Les deux pays veulent faire des transports un véritable levier de croissance inclusive pour toute l’Afrique.

Source : « LOGITERRE 2026 : le Maroc et le Cameroun au cœur de l’offensive pour l’intégration logistique de l’Afrique », Le Soir, n° 1840, 23 octobre 2026, page 3 (article signé O.D).