En août dernier, une délégation du Groupement des transporteurs terrestres du Cameroun (GTTC), conduite par son président national Ibrahima Yaya, a effectué une importante mission de travail au Nigeria. Au programme : un partenariat industriel à Lagos, une série de rencontres institutionnelles à Abuja et une visite guidée de la raffinerie Dangote. Objectif : rapprocher les transporteurs camerounais et nigérians et fluidifier les échanges entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Lagos : un accord de principe avec MRS Oil

Première étape de la mission : Lagos, où la délégation a été reçue au siège du groupe MRS Oil. Au cœur des échanges, le renforcement de la coopération dans le transport et la logistique, qui a débouché sur un accord de principe entre le GTTC et l’industriel nigérian.

Parmi les principales retombées annoncées figure la mise en place de contrats de leasing au profit des transporteurs sélectionnés par le président national du GTTC, dans le cadre du renouvellement du parc automobile. En contrepartie, ces transporteurs assureront la communication, le transport et la promotion des produits du groupe MRS sur les marchés de la sous-région.

Invitée par le président-directeur général du groupe, la délégation a également visité les unités de fabrication d’huiles moteur, de bidons et de fûts installées au port de Lagos. Pour Ibrahima Yaya, cette visite est « une occasion en or » de rappeler qu’au Cameroun et en Afrique centrale, consommer made in Africa permet de mieux maîtriser les devises et de développer la sous-région.

Abuja : harmoniser, dématérialiser, fluidifier

La mission s’est poursuivie à Abuja avec plusieurs rencontres institutionnelles. Au ministère fédéral des Transports du Nigeria, la délégation du GTTC a plaidé pour l’harmonisation des charges à l’essieu, la dématérialisation des documents de transport, le suivi des cargaisons et la simplification des formalités aux frontières. Trois maîtres-mots ont guidé les discussions : facilitation des échanges, digitalisation et fluidification du transport transfrontalier.

Plusieurs corridors stratégiques ont été identifiés, notamment Maiduguri–Kousséri, Banki et Yola–Garoua–Maroua, ainsi que d’autres axes reliant le Nigeria, le Cameroun et le Tchad. L’enjeu : faciliter la circulation des marchandises, développer les marchés transfrontaliers et créer davantage d’opportunités économiques pour les populations. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans la dynamique d’intégration régionale et dans les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Reçue ensuite par le ministre par intérim, Olufunsho Adebiyi, la délégation a obtenu la confirmation de la participation de son département à la deuxième rencontre GTTC–NARTO, prévue le 6 décembre prochain à Garoua, en marge de l’assemblée générale du GTTC. Au siège de la NARTO (National Association of Road Transport Owners), partenaire nigérian du GTTC, les discussions ont porté sur la consolidation de ces objectifs afin d’apporter des solutions concrètes sur le terrain.

NACCIMA et CEDEAO : sécuriser le commerce transfrontalier

Autre étape importante : la NACCIMA, l’association nationale des chambres de commerce du Nigeria, ainsi que la direction des exportations. Les échanges ont porté sur la formalisation des circuits d’exportation et la sécurisation du commerce transfrontalier.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a, elle aussi, ouvert les portes de son siège au GTTC et à la NARTO. L’occasion pour les deux organisations de renforcer leur coopération avec l’institution régionale afin de faciliter le transport et le commerce entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Au menu : harmonisation des normes, réduction des coûts de transport et renforcement de la sécurité routière.

La délégation a par ailleurs plaidé pour un durcissement des sanctions, jugées trop légères pour protéger efficacement les routes et les précieux corridors bitumés. La CEDEAO s’est engagée à accompagner cette dynamique et à désigner le président Ibrahima Yaya comme point focal en Afrique centrale, une avancée qui confirme le rôle stratégique du GTTC dans l’intégration régionale.

Dangote : la preuve par l’exemple

Le temps fort de la mission restait à venir : la visite guidée de la raffinerie Dangote, fleuron de l’industrie nigériane dont le savoir-faire rayonne aujourd’hui bien au-delà des frontières africaines. Le géant industriel a ouvert ses portes à la délégation du GTTC et aux représentants de la NARTO.

Sur un site qui s’étend à perte de vue, les visiteurs ont découvert les différentes étapes du processus de production, accompagnés par les ingénieurs du groupe, venus partager leur expertise et présenter les capacités de production de la raffinerie.

Au terme de cette immersion, une question s’imposait à tous : pourquoi chercher ailleurs lorsque l’Afrique dispose de géants industriels capables de répondre, en qualité comme en quantité, aux besoins des transporteurs du continent ? Ibrahima Yaya ne cache pas sa fierté : Dangote est, selon lui, une réussite pensée par des Africains pour les Africains, et en matière de carburant, le continent n’a plus besoin d’aller ailleurs. Il a également salué la diligence de la NARTO, qui a accompagné la délégation tout au long de cette visite.

Prochain rendez-vous : Garoua, le 6 décembre

De Lagos à Abuja, cette mission aura posé les bases d’une coopération renforcée entre transporteurs et opérateurs économiques camerounais et nigérians. Une dynamique appelée à se poursuivre lors de la deuxième rencontre GTTC–NARTO à Garoua, avec un cap clair : des corridors plus fluides, un transport plus moderne et une meilleure intégration économique entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Source : reportage DTV — Emmanuel Mambo, Mando Kouambo, N. Dipoko.